"En France, le laboratoire et les médecins pratiquant ces tests (génétiques) doivent être agréés, et on ne peut absolument pas les faire pour convenance personnelle", explique le docteur Jean-Marc Costa, du laboratoire Pasteur Cerba, le seul dans l'Hexagone à effectuer ces tests. Mais ici, le test est envoyé par voie postale. C'est beau la mondialisation !
Avec un test donnant une réponse au hasard, vous avez une chance sur deux de gagner 275 €, et une chance sur deux de devoir rembourser. Sachant que, comme le dit la journaliste du Monde "Forcément, il y a une arrière-pensée derrière tout cela. On ne fait pas ce genre de test uniquement pour choisir la couleur des vêtements du bébé. C'est pour choisir le sexe de l'enfant. Quand on sait qu'en France, une interruption de grossesse est autorisée jusqu'à douze semaines de grossesse, je trouve cela potentiellement très dangereux" , donc pour faire simple, une partie de ceux qui auront un enfant du sexe qu'ils ne veulent pas avorteront et ne sauront jamais si le test avait dit vrai, on obtient un taux de remboursement qui chute à... 40, 30 % ?
es
responsables de l'Agence de biomédecine ont indiqué que la France
n'autoriserait pas la pratique, sur son sol, d'un test de dépistage
génétique permettant de connaître le sexe d'un enfant à naître dès la
sixième semaine de grossesse. Pour autant, cette institution précise
que rien ne sera fait pour interdire aux personnes qui le
souhaiteraient d'avoir accès, via Internet, à cette méthode qui vient
d'être commercialisée en Grande-Bretagne par la société américaine DNA
Worlwide."Ce procédé se fonde sur une découverte faite il y a dix ans - et brevetée - par le professeur Dennis Lo, qui travaillait alors à l'université britannique d'Oxford, explique Jean-Marc Costa, biologiste et directeur adjoint du laboratoire Pasteur-Cerba (Cergy), l'un des meilleurs spécialistes français dans le domaine du diagnostic prénatal. Elle consiste à rechercher la présence dans le sang d'un ADN foetal caractéristique du chromosome Y. Si cet ADN est présent, il signe le sexe masculin. Dans le cas contraire, par défaut, on conclut au sexe féminin. Cette société se refuse à communiquer à la communauté scientifique les caractéristiques techniques de sa méthode. Je ne comprends pas comment elle peut parvenir aux résultats qu'elle annonce à partir d'un aussi faible volume de sang."
AVORTEMENTS
En Grande-Bretagne, où l'avortement est autorisé jusqu'à 24 semaines, la commercialisation de ce test a été dénoncée par les responsables des mouvements militant contre l'interruption volontaire de grossesse. "Ce test est très dangereux. Il pourrait mener à des avortements simplement parce que des bébés sont du mauvais sexe", a ainsi déclaré Michaela Aston, de l'association Life.
En France, le dispositif législatif en vigueur depuis 1994 interdit le diagnostic biologique prénatal du sexe de l'enfant à naître en dehors de certaines indications médicales, lorsque les parents sont exposés au risque de transmettre une maladie génétique. Ce type de diagnostic ne peut être effectué que dans des centres spécialisés dont les activités sont placées sous le contrôle de l'Agence de biomédecine. Le diagnostic prénatal est d'autre part entièrement pris en charge par la collectivité. Dans ce contexte, les autorités sanitaires et éthiques expliquent ne pas pouvoir autoriser le développement de cette méthode en France.
"On ne peut plus aujourd'hui faire l'économie d'une interrogation sur les conséquences, à court ou moyen terme, de la commercialisation de cette technique sur la pratique de l'interruption de grossesse, estime Jean-Marc Costa. Cette interrogation vaut tout particulièrement pour des pays comme l'Inde et la Chine, où l'on a recours massivement à l'échographie obstétricale pour pratiquer ensuite des avortements sélectifs en fonction du sexe. Plus généralement il faut aussi s'interroger sur toutes les conséquences que pourrait avoir l'application des techniques en cours de développement dans le domaine du diagnostic prénatal."